dimanche 1 mars 2015

Chronique #4 : Les Mille et Une Nuits


 LES MILLE ET UNE NUITS
Note : 3/5


Auteurs : les auteurs de ces contes sont inconnus. Il faut noter que des débats existent sur leur origine persane, arabe, ou autre.

Editeur : Garnier Frères. Cette maison d'édition n'existe plus, mais quelques unes de ses collections subsistent.
Porte vers la collection : par ici !

Illustrateurs : il y a diverses illustrations au début du livre. Elles sont majoritairement de Colin et Chardin.
Portes vers les illustrateurs : Colin - Chardin.

Genre : contes.

Nombre de pages : 624.

Date de parution originale : la première édition traduite par Antoine Galland date de 1704. Il existe des divergences entre les historiens, mais ils situent bien souvent l'écriture de ce recueil aux alentours des Xème et XIème siècles.

Date de parution en France : 1960 (pour l'ouvrage que je possède, car d'autres ont été imprimés dès 1704).


D’autres tomes ? Oui, le recueil que je possède est divisé en deux tomes.


Couverture :

La couverture est toute simple et faite de tissu, ce qui est certainement dû à l'époque de parution de ce livre. L'image figurant dessus est tirée de la première version imprimée traduite par Antoine Galland. Personnellement, j'aurais préféré que l'image sur la couverture soit une illustration de Sheherazade et Schariar, mais, ce livre étant un recueil de contes, l'illustration de n'importe lequel de ces contes fait l'affaire.
Le petit plus, qui n'a rien à voir avec la couverture, est la fine bande de tissu jaune qui fait office de marque-page. Il faut dire que, même s'il est agréable d'avoir un marque-page personnalisé, c'est assez pratique.

Et vous, qu’en pensez-vous ?


Quatrième de couverture :

Le livre ne possède pas de quatrième de couverture.


Mon avis sur l'histoire :

Globalement, je dois dire qu'il m'a été agréable de lire ce premier tome des Mille et Une Nuits. Cependant, j'aurais dû m'y prendre autrement car le fait de tout lire à la suite, comme si c'était un roman, n'est pas la bonne solution. En effet, on ne retrouve pas cet effet de suspens qui nous pousse à vouloir aller toujours plus loin dans l'histoire et d'en connaitre l'issue. Et, la raison en est simple : cet ouvrage est un recueil de contes qui sont, pour la plupart, assez courts. Notre curiosité n'est donc pas vraiment titillée, même si un fil conducteur relie le tout. Au contraire, elle est bien vite satisfaite. Ainsi, la poursuite de la lecture dépend de notre envie de connaître de nouveaux contes. Et, pour ma part, j'ai mis énormément de temps avant d'arriver au bout de ma lecture. Je vous conseillerais donc de ne pas vous consacrer à cet ouvrage comme si c'était un roman, mais de vous contenter de quelques contes par-ci par-là et de lire un livre plus "consistant" en parallèle. 

Maintenant que cela est dit, je peux parler du contenu du livre en lui-même. Et, il faut dire que certaines  petites particularités m'on interpellé pendant ma lecture.

Pour commencer, je dois dire que j'ai apprécié le fait de découvrir enfin l'histoire de Sheherazade. Evidemment, comme tout le monde, j'avais entendu parler de ce personnage. Mais, j'ignorais qui elle était réellement, et je ne savais rien de ce qui lui était arrivée. Je savais seulement qu'elle était une conteuse, et désormais je sais ce qui l'a poussé à raconter toutes ces histoires ! Je pense que l'on peut dire qu'elle a fait preuve d'un certain courage, mais ce sera à vous d'en découvrir la raison.

Puis, j'ai pu constater que le rapport à la beauté était très important pour les auteurs de ces contes. Ils évoquent souvent des personnages "bien faits" dont ils louent les vertus, tandis que les individus laids sont généralement considérés comme moins respectables. Et pour preuve, les mariages sont organisés entre de belles personnes. Et, le fait de marier une jolie femme avec un homme plutôt laid est considéré comme un châtiment pour elle. Par ailleurs, la beauté est une qualité qui semble pouvoir embraser à elle seule le coeur des protagonistes, mettant au second plan toutes les autres caractéristiques des personnages. En parlant d'union entre âmes sœurs, j'ai constaté avec amusement que les histoires d'amour étaient souvent caractérisées par un certain parallélisme dans la situation des tourtereaux. Par exemple, il y a un conte dans lequel deux individus suspectés de folie sont mis à l'isolement dans des conditions quasiment identiques alors même qu'ils ne résident pas dans le même pays. Ou encore, il arrive souvent que l'un des deux tombe malade d'amour, et que l'autre se trouve, lui aussi, souffrant  alors même que l'un ignore l'état de l'autre. D'ailleurs, les protagonistes souffrent bien souvent du mal de l'amour lorsqu'ils sont dans l'impossibilité de se déclarer, ce qui peut même aller jusqu'à causer leur mort. Ce fait peut sembler caricatural, et on constate que plusieurs choses que l'on considère comme anodines sont susceptibles de causer des maladies dont l'issue est fatale pour les personnages. Cette caractéristique a l'air d'être une spécificité de ces contes puisqu'elle revient à maintes reprises.

Le rapport à la violence peut aussi être considéré comme une spécificité de ces contes. Effectivement, on peut constater que les individus souhaitant se venger ou châtier quelqu'un font preuve d'une grande violence, comme si leur cruauté permettait de laver l'affront et de repartir sur de bonnes bases. Et, d'ailleurs, cette constatation est également valable pour les personnes souhaitant se punir elles-mêmes. Elles n'hésitent pas à se mutiler et à opérer de sombres rituels pour se punir d'avoir mal agi. Au final, ce déversement de violence n'est absolument par choquant pour les protagonistes qui ont l'air de penser que ces pratiques sont les réponses logiques aux actes fautifs.

Ensuite, la chose qui m'a peut-être le plus surprise, c'est la confiance excessive des personnages envers le reste du monde. En effet, le protagoniste principal accorde bien souvent une confiance aveugle à tous les individus qu'il rencontre, ce qui est parfois problématique, notamment lorsqu'il se retrouve face à des individus sournois. Cependant, il est rare de trouver des personnages faisant preuve de fourberie dans ces contes, et lorsque cela arrive ce sont bien souvent des étrangers. 

Enfin, il est assez agréable de découvrir ces histoires car elles sont souvent très surprenantes, ce qui est plutôt distrayant. Il arrive parfois que des génies et des fées prennent part au récit, mais même sans cela les contes sont tous plus surprenants les uns que les autres. D'ailleurs, on peut deviner que l'intention des auteurs allait dans ce sens puisqu'ils mettent fréquemment en scène des personnages qui sauvent leur vie en racontant une histoire originale à leur bourreau. Ce dernier, avide de contes surprenants, leur accorde bien souvent la vie après les avoir entendu.

Pour conclure, ce premier tome des Mille et Une Nuits est assez distrayant à lire, mais, selon moi, il faut en fractionner la lecture pour vraiment l'apprécier. Ce n'est pas quelque chose d'addictif, mais ça a un certain charme. De plus, cela nous permet de découvrir des contes d'un genre assez différent de nos propres contes, ce qui est plutôt dépaysant !



6 commentaires :

  1. C'est vraiment intéressant comme sujet, merci pour cette lecture ! Tes articles sont toujours très longs et détaillés, on apprend plein de choses, c'est super ! :)

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    1. Merci à toi de me laisser des commentaires ! Quand les gens commentent ça me donne l'impression de ne pas faire ça pour rien ^^

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  2. Je suis sincère en plus, c'est ça qui est chouette /o/ (et puis c'est le début du blog, ça va venir !)

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    1. C'est très gentil ! (j'espère bien ^^)

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  3. Wouha super chronique, j'ai apprit pleins de choses.
    J'ai également mis beaucoup de temps à finir le premier tome. J'ai découvert pleins de contes que je ne connaissais pas et qui sortaient du classique aladin, ali baba...
    Le fait que le personnage principal soit toujours naïf n'est-il pas lié au fait de prévenir le lecteur sur les dangers du monde? Un peu comme les fables de la fontaine?!

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    1. C'est vrai que c'est super intéressant de découvrir tous ces contes dont on n'entend jamais parler !
      Tu as sûrement raison, ça doit être l'optique des auteurs. C'est marrant, moi je n'aurais pas pensé à La Fontaine en premier, mais j'aurais plutôt tendance à faire un parallèle avec "Candide" de Voltaire ^^

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